Ciboure : le maire publie un arrêté

maison basque ciboure

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“Arrêté du maire de Ciboure – Cet arrêté a pour but de conserver aux constructions et bâtiments publics et privés le caractère esthétique et la couleur locale s’adaptant le mieux aux traditions, goûts et usages du vrai Pays Basque. Il interdit de fait toute construction neuve dont les plans n’auraient pas été examinés et agréés par l’autorité municipale.”

Cette fois, on ne rigole pas

La mairie de Ciboure en 1925

Pour une fois, la Gazette ne vous fait pas une blague. Sauf que cet arrêté, bien réel, a été publié autour de 1922. Retour vers le passé, la photo de la mairie, ci-contre, date à peu près de cette époque là.

En 1923, cet arrêté vaut même à la ville de Ciboure et à son maire de l’époque, Jean-Pierre CELAY, un diplôme d’honneur décerné par la réputée “Société pour la protection des paysages de France”.

Dans le même temps, le journaliste Jean-Paul Boncour écrit dans les colonnes de “Comœdia”, journal culturel de l’époque, un article, sorte de lettre ouverte à Léon Bérard, alors député des Basses-Pyrénées. Cet article, intitulé “Faites comme lui !” dépeint le maire de Ciboure comme un exemple à suivre, il commence par ces mots : “Mon attention avait été attirée au cours des vacances par un bref écho de je ne sais plus quel journal. Il y était question d’une petite ville des Basses-Pyrénées, dont le site était joli, et qui s’appelait Ciboure. Le maire y avait pris un arrêté, imposant aux touristes qui s’y fixaient, aux anciens et nouveaux riches qui s’y rendaient acquéreurs de terrains, de soumettre leurs plans de construction à l’autorité municipale ; celle-ci se réservant de les approuver et d’y apporter toute modifications “tendant à conserver aux constructions nouvelles, le type basque des constructions actuellement existantes”.

Plus loin il ajoute “L’honorable magistrat municipal qui préside aux heureuses destinées de Ciboure a fait ce qu’il a pu avec les lacunes de la législation actuelle, où il suffit d’être propriétaire pour avoir le droit d’abîmer la nature et l’histoire. Puisse son exemple être suivi par ceux à qui il appartient de modifier la loi.”

 

Une villa à Mostaganem

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, les lois ont été modifiées, on a mis en place toute une batterie de textes visant à protéger notre patrimoine architectural, et pourtant, allez comprendre, voilà qu’il se met à pousser sur nos terres, y compris dans les zones les plus protégées, des villas sans toit ni loi, inspirées de bâtiments que l’on trouve généralement du côté de Mostaganem.

Jean-Pierre CELAY, ce héros municipal des temps passés, doit se retourner dans sa tombe.

 

En 1924, l’arrêté sera contesté et rejeté par le Préfet. Mais peu importe, le maire, digne représentant des Cibouriens, aura avec brio remplit son rôle, pleinement, en faisant son possible pour préserver la ville qu’il chérissait, n’ayant pas peur d’arracher le crayon des mains de l’architecte ni de rappeler aux propriétaires désireux de s’installer chez nous, que le Pays Basque, ça se respecte.

 

Une villa à Ciboure (photo Sud-Ouest)

Un peu plus haut vous voyez une villa à Mostaganem, suivie d’une villa à Bordagain. Non non il n’y a pas d’erreur…

Plus bas, une villa bien de chez nous, ainsi que l’article de l’époque paru en 1922.

 

 

 

 

 

La page Facebook de La Gazette vient d’atteindre les 800 likes, dont une bonne centaine rien qu’aujourd’hui, sans doute suite à l’article publié dans Sud-Ouest 😉 merci à tous !!!

 

 

 

 

Ça a quand même plus de gueule non ?

 

Article paru en 1924

 

 

 

 

 

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