Le conducteur d’Hegobus faisait des détours pour surveiller sa femme

Hegobus Saint-Jean-de-Luz

Rejoindre Urdazuri lorsqu’on démarre de la gare routière de Saint-Jean-de-Luz, c’est normalement l’affaire d’une poignée de minutes. C’est ce que se dit Sarah samedi en fin de journée lorsqu’elle prend la ligne 2. Alors qu’elle espère vite rejoindre ses pénates, le chauffeur, lui, a une toute autre idée en tête. Imaginez la surprise des passagers lorsque le bus prend soudain la direction d’Urrugne, après un détour par le quartier Marinela à Ciboure !

Sarah et ses compagnons de route, impuissants, se trouvent ainsi embarqués bien malgré eux dans une visite d’Urrugne et de son bourg. Interpellé par un passager inquiet, le chauffeur, sur un ton rassurant, confirme que tous seront rendus à bon port.  C’est bien ce qui se produira, après un passage par Leclerc, une visite de Camieta, Leclerc à nouveau. le bus arrivera enfin à Urdazuri, avec vingt bonnes minutes de retard, et les plus plates excuses du chauffeur.

Le conducteur n’en étant pas à son coup d’essai, les plaintes s’étaient multipliées ces dernières semaines, et son responsable l’attendait le soir même au dépôt. Le chauffeur indélicat a alors éclaté en sanglots, expliquant que des problèmes dans son couple étaient à l’origine des  libertés prisent récemment dans les itinéraires. Ne supportant pas de ne pas savoir avec qui était sa femme pendant que lui travaillait, il avait entrepris d’effectuer des “rondes” pendant son service. C’est ainsi que quelques jours auparavant, Henri, 92 ans, prenant le bus à Socoa pour un rendez-vous médical à Ciboure, a dû patienter près d’une heure trente seul dans le bus, garé devant le centre de thalassothérapie Serge Blanco à Hendaye, ou la femme du chauffeur de bus avait rendez-vous pour sa séance de SPA hebdomadaire. Le conducteur avait pris soin d’offrir à Henri un sachet de bonbons “Stoptoux” pour tuer le temps. Un autre jour, Simone, 74 ans, a été prise de vertiges alors que son bus tournait depuis plus de 15 minutes autour du rond point de la gare. Le conducteur attendait de voir si sa femme, assise à la terrasse d’un café, avait rendez-vous avec quelqu’un.

Le mari jaloux a été prié par sa direction de prendre quelques jours de repos forcés, au moins de quoi lui laisser le temps de régler ses soucis conjugaux !

 

 

 

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